Par Patrice Paquier Photo Carlos Casta
José Pasqualetti, quand avez-vous été contacté par les dirigeants ajacciens ? On parle de contacts qui remontent au début de l été ?
Ce ne sont que des rumeurs. Les dirigeants m’ont contacté dès qu’ils ont pris la décision avec Gernot Rohr de se séparer à l’amiable. Ce qui est d’ailleurs logique…
Vous vous entretenus avec lui après votre intronisation au sein du club ?
On s’est croisés par pur hasard un soir, en ville. Nous avons pu longuement discuté et il sait pertinemment que je n’ai pas œuvré pour lui prendre sa place. C’était un problème de fond entre lui et les dirigeants… Tout a été réglé parfaitement entre lui et Alain Orsoni, le Président et il n’y a donc aucun problème. Ce n’est pas étonnant lorsque l’on connaît ces deux personnes qui savent régler les problèmes entre hommes.
On sait que Gernot Rohr réclamait plusieurs renforts. Quel est votre avis sur le groupe dont vous disposez ?
Pour moi c’est un effectif de qualité et je ne pense pas que les bons résultats enregistrés en ce début de saison soit le fait du hasard. Il faut maintenant aussi se servir du match réalisé contre Vannes (NDLR victoire 4 à 0) comme match référence pour prendre conscience de nos possibilités pour la suite du championnat.
En discutant avec les dirigeants ajacciens, quels objectifs ont été fixés par le club ?
Il n’y a pas de réel objectif fixé par le Président. Mais tout le monde sait que je suis quelqu’un qui aime les challenges et qui n’aime pas perdre. Il faut donc jouer tous les matchs à fond avec pour objectif de les gagner. On fera les comptes plus tard…
Votre avis sur la Ligue 2 et notamment Strasbourg, Metz et Lens ? Ils sont intouchables ?
On les attendait. Ils sont conformes à leur tableau de marche. Maintenant, il faut surtout oublier qu’une saison est longue, et se souvenir par exemple de la mésaventure de Troyes l’année dernière. Quant à nous, on a le temps de juger nos forces et nos faiblesses et de voir comment nous pourrons nous situer par rapport à ces clubs. Mais franchement quand je regarde jouer ces équipes à la télévision, je me dis qu’il y a pas six divisions d’écart avec Ajaccio et que nous n’avons pas à avoir peur de ces clubs.
Vous étiez déjà dans le staff de 2004 à 2006, quels changements avez-vous noté depuis votre retour au club ?
Je vois déjà qu’il y a un stade qui commence à sortir de terre… J’espère maintenant qu’il y aura un minimum de respect pour Michel Moretti pour que ce terrain et ce stade soit fini un jour et surtout un jour proche ! Quand on connaît l’investissement qu’ a eu Michel Moretti pour réaliser ce projet et quand on voit tout ce que fait Alain Orsoni pour réaliser ce projet, je pense que l’ACA mérite qu’on les respecte. Après au niveau du fonctionnement, je retrouve toujours avec plaisir les mêmes qui étaient déjà en place hormis le Président que je me dois de mieux connaître même si nous avons beaucoup parlé au téléphone. Mais j’avoue que j’ai l’impression de n’être jamais partis.
En 2006, vous êtes l’entraîneur de l’ACA quand le club est relégué en L2. Elle vous laisse encore des regrets cette saison ?
Evidemment, il y a beaucoup d’amertumes au niveau du classement final. Mais, cela m’a permis d’entraîner au plus haut niveau et je ne remercierais jamais assez Michel Moretti de m’avoir fait confiance même si je n’ai pas pu sauver le club de la relégation. Mais maintenant je suis, à nouveau très heureux de revenir ici chez moi en Corse.
Vous avez décidés de quitter Sedan après 2 saisons là-bas, pourquoi ?
C’est uniquement pour des raisons extra-sportives. Ma femme travaille à Alès et je me suis retrouvé seul pendant deux saisons là-bas. Au bout du compte, cela devenait dur à supporter. J’ai donc décidé de revenir en Corse pour me rapprocher de ma famille. Mais c’est vrai que j’ai passé deux belles années à Sedan…
En tant qu’ ancien joueur et ancien entraîneur du SC Bastia, vous suivez encore leurs résultats avec attention ?
Je suis leur parcours comme je suis celui de Sedan ou d’un autre club par lequel on est passé. Il y a beaucoup eu de changements. C’est un club qui a beaucoup de mérite mais je vois qu’il y a pas de travail au vu des derniers résultats même s’ils flanchement souvent sur la dernière partie de championnat. Mais, au vu de leurs moyens financiers, il faut les encourager car ce n’est pas facile pour eux.
Il y a toujours de la place pour un voire deux clubs corses en Ligue 1 ?
La place, elle y est. Après cela dépend aussi d’une volonté politique, comme par exemple, mettre à niveau les stades. Cela dépend aussi d’une politique sportive avec des dirigeants qui ont envie de bâtir sur la durée, avec les sponsors, avec une volonté de former des jeunes du cru.
L’image négative du football corse, vous l’avez ressenti quand vous étiez entraîneur à Sedan par exemple ?
L’image négative, on l’a toujours eu. Cela ne date pas de maintenant. On voit bien que lorsque certains évènements se passent chez nous, on en fait une montagne alors que je m’aperçois que c’est partout la même chose. Mais apparemment, c’est plus facile de nous pointer du doigt… On le sait, maintenant il faut aussi changer certaines mentalités chez nous car nous ne sommes pas tout blancs non plus même si nous n’avons de leçons à recevoir de personne.
La vision du Football de José Pasqualetti, c’est toujours un football tourné vers l’offensive ?
C’est vrai que c’est la caractéristique qu’on me colle, mais il faut savoir aussi faire avec les forces et les faiblesses de son groupe. Il faut toujours faire attention à l’équilibre de son équipe en fonction des atouts dont elle dispose. C’est le plus difficile à gérer pour un entraîneur. La difficulté elle est aussi de proposer un football attractif tout en évitant de se prendre des casquettes tous les week-end ! Ce n’est pas évident avec toutes ses équipes qui jouent surtout pour ne pas perdre et qui se plaisent à attendre les équipes qui proposent du Jeu.
Mais je pense aussi que les dirigeants de l’ACA m’ont appelé en étant conscients de ma vision du Football et que leur choix s’est fait en conséquence…